Quoiqu'il s'agisse d'une construction romane, nous n'avons plus que très peu d'éléments de cette période. En effet, les éléments romans se résument au portail principal et au coffre tumulaire du sanctuaire. Toutefois, le portail lui-même est un élément de l'art roman tardif, une solution protogothique datant probablement du XIVe siècle.
L'absence de tympan, le profil brisé des archivoltes et les chapiteaux à décoration végétale et animale, mis en évidence par un naturalisme flagrant et une certaine élégance dans leur évasement, sont une preuve de son caractère protogothique.
La chronologie tardive est également confirmée par l'enfeu du sanctuaire, du côté de l'épître, car les écussons sont abrités par des éléments à tendance gothique évidente : une arcade, composée d'arcs trilobés et de chapiteaux ; au-dessus de cette arcade, des micro-pignons surmontés d'un élément qui achève l'arcade en forme de trèfle ; le couvercle du coffre tumulaire, de section hexagonale et volume à deux pans, arbore une croix et une succession de motifs floraux entourés d'un motif phytomorphe complexe.
Quoique nous ne connaissions pas l'identité de celui qui y est enterré, son emplacement dans le sanctuaire nous renvoie immédiatement à quelqu'un de haut lignage, sûrement lié au patronage de l'Église.
Hormis ces éléments romans, ce qui ressort du reste de l'Église, ce sont les modifications apportées pendant l'époque moderne : les vastes dimensions de la nef, la profondeur du sanctuaire et les grandes fenêtres rectangulaires sont le résultat des modifications apportées après le Concile de Trente, dans le but d'adapter l'intérieur de l'Église à la liturgie et à l'esthétique issue de cet important concile catholique.
De la même époque datent encore la tour adossée à la façade principale, avec son achèvement bulbiforme, l'oculus avec des formes curvilignes surmontant le portail principal et les grandes fenêtres de la façade principale (et des façades latérales) qui permettent un excellent éclairage de l'intérieur de l'Église.

Le baroque, avec son horreur du vide, est également présent à l'intérieur de l'Église, représenté par les retables, distribués entre le sanctuaire et la nef, et par le revêtement du corps de l'Église avec des panneaux d'azulejos et du bois sculpté.
Très caractéristiques du XVIIIe siècle, les panneaux affichent des scènes clairement baroques : des guirlandes de fleurs et de fruits ou les putti. En ce qui concerne la composition des scènes, il existe une théâtralité du geste, créée par les figures représentées, qui est indéniable, telle que Moïse et le serpent d'airain ou la Samaritaine et Jésus parlant à ses disciples.
Au nord, la Chapelle dédiée à Saint-Michel s'ouvre sur la nef, les élévations ayant un revêtement d'azulejos et le retable principal étant en bois sculpté de style national.
Contrairement à ce qui se passe dans la nef, le sanctuaire de l'Église est complètement dépouillé d'ornements. Le retable principal, de style néoclassique, affiche les images de Saint-Martin de Tours et de Sainte-Lucie. Au sommet du trône, une image du Christ crucifié annule l'espace vide voué à l'exposition du Saint-Sacrement.
Adossée au côté nord du sanctuaire se trouve la sacristie qui possède un panneau mural d'azulejos, entouré d'une moulure d'acanthe, avec une figure dépareillée, des bords en étoile et des motifs de bateaux, d'oiseaux, parmi d'autre figurations.